« (…) L’histoire de la psychanalyse est celle d’un perpétuel conflit d’interprétations – libido contre protestation virile, Œdipe contre trauma de la naissance, inceste fantasmé contre abus sexuel réel, mère préoedipienne contre père symbolique, etc. – et il serait vain de vouloir chercher dans ces controverses un quelconque développement cumulatif. Ce qui est présenté comme « progrès de la psychanalyse » n’est le plus souvent que la dernière interprétation en date ou la plus acceptable dans un contexte institutionnel, historique et culturel donné.
Mais la clinique, dira-t-on ? N’apporte-t-elle pas des « données », des « observations » permettant de trancher entre les interprétations rivales ? « Le matériel sur lequel j’appuie ces réflexions, écrit Mitchell, vient essentiellement de ma pratique clinique analytique. » C’est la carte maîtresse de tout psychanalyste, d’autant plus imbattable, en apparence, que ledit « matériel » est protégé par le secret médical et reste donc parfaitement invérifiable. Mais en fait cette invocation de la clinique ne règle rien du tout, car en psychanalyse les observations ne sont jamais que des interprétations transformées en faits (des « interpréfactions », selon un terme proposé par Sonu Shamdasani). D’une part, il est bien évident que chaque psychanalyste ne voit chez ses patients que ce qu’il veut bien y voir – des signifiants s’il est lacanien, des self-defects s’il est kohutien, des traumas s’il est néoferenczien. Et d’autre part, les patients ne sont que trop heureux de confirmer mimétiquement les théories de leur analyste. »
(In : Mikkel BORCH-JACOBSEN, « Folies à plusieurs », éditions Les Empêcheurs de penser en rond / Le Seuil, mars 2002, page : 315).
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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".