La fermeture.
« Convaincus de détenir la Vérité ultime, les psychanalystes se désintéressent des Ecoles rivales et des progrès des sciences, en particulier de la psychologie. Plus exactement : ils ne s’avisent que de ce qui confirme leur théorie (telles données bien choisies de la linguistique ou de l’ethnologie, par exemple).
Du fait que les disciples ne peuvent que répéter la Doctrine, les publications se limitent à un exégèse ad nauseam de la Bible freudienne (ou du Nouveau Testament : Lacan, M. Klein, Winnicott). La seule nouveauté réside dans la formulation : les décrets des Pères fondateurs sont reformulés dans un langage de plus en plus abscons.
Plusieurs analystes ont clairement avoué la fermeture de leur « Cercle ». Ainsi E. Jones – celui que Lacan (1966 : 718) appelle fort justement « le champion de Freud » - parle d’une « atmosphère de serre » quand il décrit le groupe des psychanalystes viennois. Cette mentalité n’a guère changé. Aussi Roustang peut-il écrire en 1976 : « Nombre de psychanalystes semblent s’être nourris de la psychanalyse dès le biberon, en font l’unique repère, ne savent rien d’autre que Freud ou Lacan (…). Il ne se passe plus rien, si ce n’est l’assimilation d’une doctrine avec ses séquelles d’intransigeance, de prétention, d’ignorance crasse et de fanatisme. Si par hasard vous essayez devant ce genre de personnage d’interroger les dires de Lacan lui-même, ou bien vous êtes rejeté dans les ténèbres extérieures ou bien vos interlocuteurs n’entendent même pas quoi vous pourriez causer » (p. 45). On devine comment l’ouvrage de Roustang a été reçu par ses confrères. Favret donne un exemple de réaction : « C’est lui (Roustang) que j’entendis récemment traiter de nullité théorique par un collègue, lequel déclara d’ailleurs n’avoir pas lu son livre, ni souhaiter jamais le lire, puisque c’était une ‘merde’. Ainsi va cette Ecole, où l’on prend néanmoins le temps de commenter à l’infini le moindre pet de Lacan (pour continuer la métaphore triviale de mon interlocuteur) » (1977 :2091). »
(…)
Les stratégies mystifiantes.
Le haut clergé psychanalytique a tout mis en œuvre pour organiser le mystère et dissimuler le fait que l’existence de la psychanalyse est d’une simplicité enfantine. A cette fin, il a exploité les pires défauts d’un certain esprit « universitaire ».
Pour aider le lecteur à lever le voile de la supercherie, je passe rapidement en revue les stratagèmes les plus usités.
- la double existence des hypothèses.
A la suite de Popper et de Wittgenstein, F. Cioffi a bien mis le doigt sur un des principaux sophismes de la psychanalyse. Il écrit : « Une caractéristique d’une pseudo-science est que ses hypothèses sont dans une relation asymétrique avec les anticipations qu’elles engendrent, en ce qu’elles ont le droit de les guider et de se prévaloir de leur réalisation, mais non d’être discréditées par leur échec. Une façon de parvenir à ce résultat est de s’arranger pour que ces hypothèses soient comprises en un sens étroit et déterminé avant l’événement, mais en un sens plus large et plus vague après lui, chaque fois qu’elles ne sont pas corroborées. Les hypothèses de ce genre mènent donc une double existence » (1970 : 474).
En psychanalyse, les mots sont pris plutôt dans un sens étroit, tantôt dans un sens démesurément élargi. Selon les nécessités, du moment, les explications se donnent pour le dévoilement des réalités ultimes ou pour de simples métaphores. Ainsi, le « complexe d’Œdipe » renvoie à une passion incestueuse et à un désir de meurtre, mais aussi à une structure fondamentale qui n’a plus grand-chose à voir avec les sentiments réels. Le mot « phallus » désigne, selon les nécessités de l’argumentation, le pénis ou le « Signifiant ultime » … Il en va de même pour : sexualité, castration, résistance, etc.
Ces ambiguïtés, soigneusement entretenues, permettent de répliquer à tout contradicteur qu’il est à côté de la vraie question et s’est laissé sottement piéger par un sens partiel, matériel. L’analyste réclame alors qu’on « élève le débat » et invoque les sens « symboliques » et « structuraux ». Les concepts analytiques sont comme les tables des spirites : ils tombent … et les naïfs croient que l’Esprit apparaît. »
(In : Jacques VAN RILLER. « Les illusions de la psychanalyse ». Editions Pierre Mardaga, Bruxelles, 1980, pages : 249 – 250 ; 256 – 255).
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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".