dimanche 30 novembre 2014

Jacques VAN RILLAER. "Les pionniers des thérapies comportementales."





"Les pionniers des thérapies comportementales."

"Herzberg est mort prématurément en 1945. A la fin des années 1950,  à l’université de Londres, Hans Eysenck – un psychologue clinicien, qui avait également fui l’Allemagne nazie, - cherche à élaborer une forme de psychothérapie fondée sur la psychologie scientifique. Il se rappelle alors les exposés de Herzberg et y trouve l’inspiration pour un traitement des phobies par des confrontations très progressives à ce qui fait peur. Avec des collègues et des collaborateurs – Beech, Meyer, Shapiro, Yates -, il expérimente cette idée avec un étonnant succès.

Et 1960, Eysenck édite à Londres le premier livre dont le titre mentionne l’expression « thérapie comportementale » : Behaviour Therapy and the Neuroses. Il y définit la thérapie comportementale comme l’utilisation de la théorie moderne de l’apprentissage pour expliquer et traiter des troubles psychologiques. L’ouvrage rassemble trente-six publications de psychothérapies menées dans le cadre de la psychologie scientifique. Les problèmes traités sont des phobies, des obsessions, des compulsions, des tics, le bégaiement, l’énurésie nocturne, des conversions somatiques, etc. Les techniques apparaissent d’emblée diversifiées.

On ne peut pas dire qu’Eysenck (ni Herzberg) soit « le » créateur des TCC. Contrairement aux autres formes de psychothérapies, les TCC ne sont pas l’œuvre d’un père fondateur. Elles sont nées au cours d’une même décennie – les années 1950 – en différents endroits de la planète, à un moment où la psychologie scientifique accomplissait des progrès considérables. Les premiers artisans ne se connaissaient pas.

Parallèlement à Eysenck, Joseph Wolpe, un psychiatre sud-africain, fait l’expérience des mêmes principes. Au départ, comme la majorité de ses confrères, il pratiquait la psychanalyse. Ses rencontres avec un psychologue expérimentaliste américain, Leo Reyna, et avec l’épistémologue Karl Popper, au cours d’un congé sabbatique dans une université californienne, le conduisent à remettre en question la psychanalyse et à s’orienter résolument vers la psychologie scientifique. Dans les années 1950, il élabore un traitement des phobies, qu’il appelle « désensibilisation systématique ». Cette thérapie consiste à faire apprendre des comportements qui réduisent l’anxiété (notamment la diminution rapide du tonus musculaire et du rythme respiratoire) et aident la personne à affronter, par étapes, des situations anxiogènes. Nous illustrerons plus loin cette procédure en prenant l’exemple du traitement de la phobie des araignées.

Autre pionnier important : Burrhus Frederic Skinner. Ce psychologue expérimentaliste de l’université Harvard a pu juger de l’inefficacité de la cure freudienne pour les problèmes sérieux. A l’époque où il était l’assistant de Boring, celui-ci avait effectué sans succès une psychanalyse sous la direction de Hans Sachs, qui avait été un des six membres du « Comité secret » destiné à veiller à l’orthodoxie de la doctrine freudienne. Après 168 séances, Boring avait abandonné ce traitement qui ne l’avait aucunement aidé à sortir d’une grave dépression et à réduire ses tendances obsessionnelles. Alors qu’à l’époque la psychanalyse apparaissait aux Etats-Unis comme la psychothérapie par excellence, Skinner a rapidement compris qu’elle n’avait guère de fondements scientifiques et qu’elle était inefficace pour les problème sérieux.

La principale contribution de Skinner au développement des TCC réside dans des recherches sur l’analyse et la modification de comportements. Il a analysé de façon décisive comment la conduite est déterminée par les effets qu’elle produit (des effets que nous avons déjà éprouvés, que nous imaginons ou que nous observons chez d’autres). La formule qui résume ses premiers travaux s’énonce « S – R- C » : une situation (ou des « stimuli ») suscite une réponse (ou comportement), qui entraîne des conséquences, lesquelles rétroagissent sur la façon dont nos réagirons à l’avenir dans le même genre de situation.

Pendant une vingtaine d’années, Skinner a fait des expériences de laboratoire, principalement à l’aide de rongeurs et de pigeons. A partir des années 1950, celui que l’on considère comme le plus grand nom du béhaviorisme (ou comportementalisme) s’est consacré surtout à l’étude de comportements « internes » : langage intérieur, visualisation mentale, résolution de problème, gestion de soi, etc.

Au cours des années 1980, des élèves de Skinner, ont élaboré des programmes de changement de comportements, qui visaient notamment la réduction de la suralimentation, l’efficience de l’étude chez des étudiants, l’amélioration des relations conjugales. Un des principes de l’analyse des comportements problématiques était de les envisager comme des conduites contrôlées par leurs effets (satisfactions diverses, diminution ou évitement de souffrances) et produites faute de disposer de conduites plus adéquates. Corrélativement, un des principes de la modification de comportements était de changer les conditions environnementales et d’aider la personne à développer des modes de pensée et d’action plus satisfaisants.

Les pionniers des thérapies comportementales n’ont nullement ignoré les émotions (les premiers traitements visaient à éliminer des peurs excessives) ni les cognitions (dès 1954, Wolpe utilisait la visualisation mentale de situations anxiogènes). Toutefois, leur attention était centrée sur les stimuli externes, les actions et leurs effets observables.


Les thérapies cognitives.

Indépendamment de la thérapie comportementale, version années 1960, s’est développé, à la même époque, un courant de « thérapie cognitive ». L’initiative en revient principalement à Albert Ellis et Aaron Beck, deux psychanalystes américains, insatisfaits du manque de scientificité du freudisme et de sa faible efficacité. Ils ont développé l’idée que, lorsque les problèmes psychologiques sont sérieux, il ne suffit pas que le patient parle, se souvienne et exprime des émotions, tandis que le thérapeute écoute, analyse et communique des interprétations « profondes ». Pour eux, il faut repérer des schémas de pensée et de croyances dysfonctionnelles en vue de les modifier de façon active et méthodique. »

(In : Jacques VAN RILLAER. « Le livre noir de la psychanalyse ». Sous la direction de Catherine Meyer. Edition les arènes, Paris, 2005, pages : 730 – 733).



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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.

Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".

Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.

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