jeudi 4 décembre 2014

Didier PLEUX. Françoise Dolto et la psychanalysation de l'éducation.





"Les livres suivants ne parlaient plus de mon combat, ils reçurent la publicité attendue. Alors pourquoi ce nouveau livre ?

Nous sommes début 2013 et je reçois deux informations. La première est une invitation pour un colloque organisé dans ma ville de Caen par l’Afdim (L’association Françoise Dolto Ici et Maintenant). Je lis quelques extraits du flyer : « Une éducation au désir : telle est la mission dévolue par Françoise Dolto. Elle rêvait d’une école qui se régule sur les lois du désir inconscient (…). Eduquer pour Freud relevait d’une mission impossible (…). C’est comme l’enseignement… »

Je me trouve encore une fois confronté à l’aberration des propos concernant l’école. Oui, je me bats pour que l’éducation reprenne ses titres de noblesse et nos chers « psy » régionaux vont nous resservir cette réflexion scélérate de Freud : « Parents, quoi que vous fassiez, vous le ferez mal. » Là où nos enfants, très fragiles devant le  principe de réalité, nous demandent d’être plus que jamais les enseignants de la réalité, le débat « doltoïen »va nous redire que tout est ailleurs, dans le « désir inconscient »de l’enfant…

Bref, les croyances freudo-dolto-lacaniennes ont encore un bel avenir. Et, pendant ce temps-là, je reçois des parents perdus devant le comportements d’enfants et d’adolescents toujours aussi vulnérables par manque de « savoir-vivre » ou plutôt de « savoir vivre la réalité ».

Il y a quelques jours, je lisais cette conclusion d’un diagnostic d’un confrère caennais au sujet d’une petite fille souffrant de phobies : « Le refoulement fonctionne correctement mais laisse passer le contenu de l’angoisse de castration en lien avec la relation agressive à l’objet…La puissance est reconnue, confondue encore avec une analité phallique. Finalement, il existe encore dans son imaginaire un déni de la castration avec le maintien d’une image archaïque anale, phallique et castratrice… Face à la question du manque, en lien avec son complexe d’Œdipe, elle régresse vers l’analité… »

Cela pourrait faire sourire si ce genre de rapport n’était que l’exception, mais ils sont la règle dans notre cher pays. Ce « psy » ne fait que réciter ce qu’il a appris : les certitudes de la psychanalyse pour enfants et, bien sûr, le diktat de la pensée de Françoise Dolto, responsable,chez nous, d’avoir voulu cette « psychanalysation » de l’éducation.

Alors, qui était vraiment cette prêtresse de l’éducation psychanalysée ? Cette question mérite que l’on s’y attarde un peu. C’est pourquoi j’ai voulu, avec ce nouveau livre, vous faire découvrir comment la réalité de cette femme explique le « hors réalité » de ses hypothèses. »


(In : Didier PLEUX, François Dolto. La déraison pure, éditions Autrement, Paris, 2013, pages :13 – 16).




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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.

Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".

Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.

Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :

"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".

Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".

Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".

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