jeudi 4 décembre 2014

Didieux PLEUX. Sur la méthode de Françoise Dolto, la vieille dame qui marchait sur l'eau.





« Dolto hors réalité ».

« Françoise Dolto a donc bien du mal avec la réalité. Parfois dans le « déni » puisqu’elle ne semble voir les faits, parfois dans la « projection », quand elle condamne chez les autres ce qu’elle ne comprend pas de sa problématique, souvent dans le « déplacement » lorsqu’elle transfère sur l’éducation ses croyances psychanalytiques, et toujours dans « l’intellectualisation » avec son souci de théoriser ses ressentis les plus profonds. Bref, nous sommes bien en présence des mécanismes de défense tels que nous les décrivent les psychanalystes. Ces mécanismes sécurisent leur auteur pour lui épargner de voir le réel.

C’est en ce sens que j’ai osé parler d’analyse ratée chez Françoise Dolto. Sa psychanalyse avec Laforgue et son autoanalyse permanente ne lui ont pas permis de mieux connaître et d’accepter les autres et la réalité tout court ; bien au contraire, elle semble progressivement élaborer une tout autre réalité. Le risque est grand de « rationaliser » le réel et d’entrer ainsi dans un monde des plus irrationnels. Bien sûr, quelquefois, Françoise Dolto nous montre un solide « bon sens » (d’où son succès médiatique), mais son réalisme va toujours céder devant ses croyances psychanalytiques.

L’autre monde de Dolto.

Pour la psychanalyse, l’Inconscient l’emporte sur le réel et domine tout le psychisme, il fonctionne à tout âge comme une conscience adulte. C’est pour cela, nous affirme Françoise Dolto, que l’enfant, même tout petit, comprend tous les enjeux de son environnement et intègre surtout, bien évidemment, les traumatismes. Ainsi, si les futurs parents n’ont pas dit leur « non-désir » d’avoir un enfant, s’il naît, ce dernier devient pathologique : « Ceux à qui on ne parle pas de manœuvres abortives qui ont précédé sans succès leur naissance deviennent des enfants dépressifs ou très instables parce que trop angoissés. »

Combien de fois ai-je entendu cette réflexion chez mes parents le plus souvent nés dans les années 1950 ou 1960 ? « Je n’étais pas un enfant désiré, cela explique mon mal-être actuel… » Rares sont les derniers-nés « désirés » de fratries des décennies de la dernière moitié du XX° siècle. Mais tous ne sont pas malades, loin de là ! Il s’agit, une fois de plus, d’un dogme théorique : enfant non désiré = enfant tué dès sa conception. Le déterminisme doltoïen est à l’œuvre alors que la réalité nous enseignet souvent le contraire : la plupart des parents aiment l’enfant dès sa naissance, même s’il n’a pas été particulièrement attendu, nos générations peuvent en témoigner. A contrario, beaucoup d’enfants « désirés » ont développé un syndrome d’enfant roi tant ils ont été adulés par leurs parents. Comme quoi le désir du parent peut être tout aussi délétère que son « non-désir »…

Et quand bien même votre enfant est désiré, le déterminisme de Françoise Dolto  nous apprend que tout peut se détruire très vite, l’Inconscient du tout-petit absorbant tous les dysfonctionnements adultes. La psychanalyse nous fait entrer dans sa croyance irrationnelle : l’enfant subit très tôt tous nos refoulements ou problématiques personnels. « On a dit : tout se joue avant 6 ans, on a ensuite circonscrit les trois premières années comme les années décisives de la formation de la personnalité. Tout se joue peut-être en huit jours, les premiers jours de la vie. Le temps des premières empreintes indélébiles, des blessures cicatricielles, se réduirait à la période périnatale », écrit Dolto.

Et cela ne suffit pas de nous dire que tout va être déterminé dès le petite enfance, voire avant, Françoise Dolto, évoquant une « solidarité génétique », nous dit que l’enfant va aussi porter en lui les névroses de ses ancêtres ! La psychologie « transgénérationnelle » reprend cette croyance et elle semble, elle aussi, avoir du succès auprès de ceux qui cherchent à tout prix le pourquoi de leur mal-être « ailleurs ». Pour eux, il n’est pas question d’établir leur propre responsabilité d’être humain à devenir résilient ou non.

Comme chez Freud, nous entrons dans le mystérieux, l’irréel, dans le monde des esprits, la réalité n’existe plus, elle est annulée par les hypothèses, les croyances, les conjectures, les délires les plus irrationnels qui soient. Il faut faire attention, nous dit Françoise Dolto, à tout ce que l’on peut penser, désirer, tout s’inscrit automatiquement dans l’Inconscient de notre enfant qui est en alerte permanente. Et bien sûr, si, pour une quelconque raison, le développement sexuel de l’enfant est entravé, le risque pathologique est encore plus grand.

Car, selon la théorie psychanalytique, la sexualité est la pierre angulaire de l’épanouissement et elle participe à cette relation inconsciente avec les autres être humains : « La sexualité est d’une importance très grande depuis notre venue au monde ; elle ne cesse de s’exprimer chez l’enfant, au jour le jour, par le vocabulaire du corps. Les pulsions génitales entraînent une communication interpsychique qui est permanente entre les êtres humains depuis le début de la vie. »

Oui, Sigmund Freud avait raison de nous alerter sur la dépression morbide d’une société qui inhibe l’épanouissement sexuel, mais il n’avait pas envisagé que l’inverse serait tout aussi dysfonctionnel : quand le principe de plaisir (sexuel ou non) l’emporte sur le principe de réalité, cette nouvelle dysharmonie génère, elle aussi, bon nombre de pathologies. Nous avons là une croyance de plus qui doit être remise en cause, comme toutes les affirmations dogmatiques. Le problème, avec Françoise Dolto, est dans l’alcôve de son cabinet de « psy ». Elle prêche ses pseudo-vérités sur l’éducation, elle enseigne, avec talent et persuasion, cette non-réalité qu’est l’hypothèse psychanalytique. Elle va nous « vendre » les dogmes psychanalytiques pour le quotidien.

C’est comme cela qu’en France, au XXI° siècle, nous sommes le dernier pays, avec l’Argentine – le pays d’Amérique du Sud à la plus forte immigration européenne et dont l’élite intellectuelle est restée classiquement freudienne – à croire au complexe d’Œdipe et à la supériorité de l’Inconscient sur le Conscient ».

(In : Didier PLEUX, « Françoise Dolto, la déraison pure ». Préface de Michel Onfray, éditions Autrement, Paris, 2013, pages : 137 – 142).



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Mon roman, "HOAG, un témoignage du futur":














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Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".

Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.

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