« (…) L’homme doit ainsi accepter de reconnaître qu’il s’est menti, qu’il s’est voilé la face, et subir ce qui constitue selon Freud la troisième humiliation, après celle que Copernic et Darwin lui a infligées. Il n’est pas conscient. Il n’est pas maître chez lui. Ainsi, tout homme doit avoir le courage « d’aller au bout de l’affrontement avec lui-même », s’il souhaite ne pas mourir idiot, et se rendre digne de son humanité. Dans cette perspective, celui « qui se prétend moral » en vient à passer pour « un menteur » ou pour « un imbécile ». Et « reconnaître sa névrose devient un signe de distinction ». Dans une certaine mesure, les vertus thérapeutiques de la cure psychanalytique en viennent à se confondre avec ses vertus morales. »
(In : Nathan STERN, « La fiction psychanalytique », éditions Pierre Mardaga, Sprimont, 1999, page : 170).
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Commentaires :
En psychanalyse, le sujet normal n'existe donc pas. Ce qui a le droit d'exister c'est uniquement ce qui est conforme à la théorie psychanalytique. Cette théorie a pour principe directeur de ne laisser aucune chance, aucune échappatoire à une quelconque revendication de normalité qui serait "hors cadre", c'est-à-dire qui ne pourrait être interprétée par le biais de la théorie analytique.
Seulement, comme nous l'avons écrit à de multiples reprises dans d'autres billets, les aspirations déterministes de la psychanalyse sont telles, qu'elles aussi interdisent d'emblée, toute possibilité de contestation de cette sorte de main mise totalitaire sur un jugement indépendant d'elle sur ce qui doit être normal ou pathologique.
Ainsi, non seulement, il n'est pas possible d'exister normalement en dehors de la psychanalyse, ou de se dire "normal" en dehors de ses théories, mais encore, il n'est pas davantage admis de contester le fait que le stratagème employé par la doctrine via les analystes et leurs interprétations, est indiscutablement non valide, d'une part, et, d'autre part, qu'il signe ou devrait normalement signer l'arrêt de mort de toute interprétation psychanalytiquement orientée, donc de la psychanalyse.
Mais ceci ne peut engendrer que le conflit suivant : comment un analyste pourrait-il faire admettre une telle situation à une personne bien informée des problèmes épistémologiques insurmontables que cela pose à la psychanalyse ? Impossible, évidemment. Ce qui enjoint les psychanalystes à cette autre stratégie, celle qui consiste à purement et simplement passer outre. Passer outre la logique, l'épistémologie, la méthode scientifique, et continuer de harceler avec des interprétations, des artifices rhétoriques, etc., celui qui critique la doctrine avec des arguments épistémologiques qui sont aptes à complètement la dévaster.
L'histoire du mouvement psychanalytique et surtout celle du freudisme démontre que la psychanalyse n'a strictement aucune preuve à se mettre sous la dent pour fonder ses théories. Elle ne peut tout juste avancer que des éléments cliniques en les faisant précéder du mot "preuve" pour faire croire que la clinique et sa méthode peut permettre de fonder des preuves indépendantes dignes de ce nom, alors que c'est totalement impossible. Par conséquent, puisque les théories de la psychanalyse ne sont fondées sur aucune preuve, pourquoi devrions-nous admettre la valeur objective de ses points de vue ou de ses "critères" (...) sur ce qui permet de distinguer le normal et le pathologique ? En toute objectivité, il n'y a aucune raison de les accepter.
Maintenant, comment un sujet normal qui conteste l'interprétation psychanalytique qui le traite de "menteur" sur la base de théories non prouvées, tout en étant lui même capable de faire la démonstration que les fondements théoriques de l'interprétation psychanalytique sont nuls, peut-il réagir, sinon en finissant par se mettre en colère, ou par fuir définitivement la psychanalyse ? Cela ne sert à rien... car toute colère de ce genre et toute "fuite" serait encore interprétable au profit, ou de la psychanalyse, ou de l'analyste, ou des deux !
(Patrice Van den Reysen. Tous droits réservés).
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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".