« La psychanalyse apparaît comme une piètre thérapeutique, non parce que les « inanalysables » souffrent d’un « besoin de souffrir » (Leidensbedurfnis), mais parce que la cure analytique ne provoque pas le déconditionnement actif et systématique des réactions infantiles, phobiques, obsessionnelles, etc. Bien plus, divers facteurs, qu’il nous faut examiner, tendent à faire de la situation analytique une structure antithérapeutique, voire même franchement pathogène.
a) L’abandon du patient à lui-même
Commençons par rappeler une historiette connue, très significative. Durant les séances de la fin de l’après-midi, un psychanalyste est de plus en plus souvent victime du désir irrésistible de se rendre au café du coin. Silencieux comme toujours, il quitte alors son fauteuil, branche son enregistreur et laisse le patient à ses associations. Un jour, un patient s’aperçoit du manège, quitte le divan et rejoint l’analyste devant son verre de bière. Tout étonné, celui-ci s’exclame : « Eh bien quoi ? » Le patient lui répond : « Mon enregistreur parle au vôtre ».
Cette histoire plaisante met le doigt sur une bien pénible réalité. Sous prétexte de « non-directivité » et de « respect », les analysés – volontiers dénommés « analysants » - sont invités, pour autant qu’ils souffrent et souhaitent aller mieux, à s’améliorer eux-mêmes.
Citons, à titre d’exemple, la grande dame de la psychanalyse française, Fr. Dolto : « Une psychanalyse en elle-même n’a jamais rendu un être plus sain qu’avant ; elle le met seulement sur la voie de le devenir après le traitement, par un travail de synthèse personnelle qui lui reste à faire (…) On nous objecte souvent que nos traitements sont extrêmement longs et par ce fait même, coûteux. C’est exact, et toutes les expériences sur la reconstruction de sa personnalité par le sujet lui-même, auquel le médecin ne prête que sa présence effective de témoin réactif sensible, de médiateur impartial contractuel et temporaire, sont nécessairement longues » (197 : 161. Je souligne).
A bon entendeur salut ! SI le patient ne résout pas ses problèmes, il n’a qu’à s’en prendre à lui-même : il n’a pas « fondamentalement » le « désir de guérir », il refuse « le travail de synthèse personnelle qui lui reste à faire pour reconstruire lui-même sa propre personnalité »…
En fait, la majorité des névrosés qui souffrent ne sont guère aidés par un « médiateur impartial contractuel ». Après quelques mois (ou années) de divan, les plus intelligents comprennent l’insuffisance du dire et du comprendre, et aspirent à des procédures concrètes qui permettraient de déconditionner effectivement leurs réactions émotionnelles et comportementales gênantes.
(…)
Freud a compare la cure analytique au jeu d’échecs (VIII 454). La comparaison est excellente et mérite d’être explicitée : dans les deux cas, le jeu a ses règles propres, il n’a pas grand chose à voir avec l’existence concrete ; il est une entreprise fictive, plutôt qu’un combat réel.
Les intellectuels qui ne souffrent pas de problèmes existentiels sérieux peuvent se contenter de jouer à la psychanalyse comme on joue aux échecs. Les personnes tourmentées par des difficulties réelles ont besoin d’autre chose : l’apprentissage de methods et de techniques qui leur permettent de changer effectivement les conduits qui les paralysent et les aliènent »
(...)
(In : Jacques VAN RILLAER, « Les illusions de la psychanalyse », éditions Pierre Mardaga, Bruxelles, 1980, pages : 368 – 370).
* * *
Commentaires :
Sous le couvert de l'argument de la "synthèse personnelle", on peut faire et dire tout et n'importe quoi. C'est d'ailleurs bien ce qu'est la psychanalyse : n'importe quoi, puisque son postulat trop déterministe lui donnerait soi-disant le pouvoir d'explication sur n'importe laquelle des associations libres de ses victimes, notamment.
Par ailleurs cette prétention de faire "la synthèse personnelle" d'un sujet, est en elle-même absurde. Ce n'est encore qu'une formule ronflante et très aguichante pour vendre et justifier de vendre l'analyse au premier pigeon qui passe. Et puis ces termes sont finalement imprécis, généraux, très "englobants". C'est toujours très pratique, pour les charlatans. Cette formule de la "synthèse personnelle", formule magique, semble donner de la hauteur de vue à la psychanalyse, mais c'est un autre stratagème : faire croire à ses victimes que la "hauteur de vue" de l'analyste est de toute façon supérieure à celui qu'il va escroquer en le faisant s'allonger pendant des années sur un divan, pour aucun résultat.
Mais pourquoi cette idée de "synthèse personnelle" est-elle absurde ?
Parce qu'elle est logiquement impossible. Elle revient à avoir fait "le tour de soi" ? De son psychisme ? D'avoir soi-disant synthétisé ses "principales névroses" ? D'avoir une "vue synthétique" de son inconscient ? Il faudrait, pour que cela soit envisageable, que le déterminisme prima faciae absolu s'appliquant au psychisme inconscient, le soit aussi! Or, il est démontrable qu'il ne peut être appliqué à rien, parce qu'il est d'emblée, logiquement impossible. Il faudrait pouvoir admettre que certaines choses ne changent pas et se figent, ou sont restées soi-disant figées dans un "psychisme inconscient" remontant à l'enfance. Or, il est démontré, (scientifiquement démontré), que justement rien ne se fige définitivement, pas même au niveau neuronal, et que la mémoire évolue.
Une "synthèse personnelle" ?.. Il est impossible de maîtriser complètement le problème lié à la précision absolue d'une mesure, quelle qu'elle soit. Si on ne peut tout maîtriser avec toute la précision souhaitée, la part de "non-maîtrisé" et de toujours non-maîtrisable, liée à cette part toujours possible d'indéterminisme liée à la personne et aux choses extérieures peut toujours être la part du sujet la plus opérante de lui-même, rester inconnue, et de surcroît inconnaissable (en tout cas, totalement inconnaissable si l'on tente de l'approcher par le délire utlra-déterministe de la psychanalyse).
En fait de "synthèse personnelle", il ne s'agit que du temps nécessaire à l'analyste pour lui permettre de formater complètement un esprit sain aux délires de la psychanalyse, par divers moyens de suggestion, de manipulation mentale, etc., et d'achever sa formation de futur adepte de la secte. Ce n'est rien d'autre que cela. Les psychanalystes sont des malades et des gens sans diplômes (autres blessures narcissiques), il leur faut d'autres malades qui leur ressemblent, et qui aillent colporter les milles et unes merveilles de l'immaculée psychanalyse.
(Patrice Van den Reysen. Tous droits réservés).
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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".