vendredi 5 décembre 2014

Jacques BÉNESTEAU. Freud, les freudiens, et leurs éructations fanatiques.





« (…) Thornton a estimé que, quand il formula ses spéculations, le raisonnement distordu de Freud était incontestablement faussé par la drogue, qui lui faisait confondre les faits et ses fantaisies, le rendant inapte à distinguer le vrai du faux, la subjectivité de l’objectivité, et son jugement était infiltré par l’onirisme. L’invention de la psychanalyse a été, selon elle, le produit d’un cerveau irrité par l’alcaloïde au moins jusqu’en 1912. La publication du réquisitoire de Thornton, en 1983, provoqua une vive polémique, et les admirateurs du prophète ne purent répondre autrement que par l’insulte et l’invective. Evitant d’étudier des répliques raisonnées à son contenu, ils s’efforcèrent, offensés, de détruire la personne de l’auteur. Ils virent, dans ce qui n’était qu’une opinion savante, « un exemple type de littérature diffamatoire » et un « suprême sacrilège », un blasphème, une thèse monomaniaque, anachronique, détestable, dogmatique, mal conçue, emplie de fautes d’orthographes, mais surtout antisémite. Thornton put faire rectifier cette dernière qualification indigne, mais se vit refuser tout droit de réponse dans les journaux ayant fait la revue de son travail, et des librairies crurent nécessaire d’écarter son livre de la vente. Il ne manqua que l’autodafé.

La violence des réactions des freudiens n’a fait qu’attiser la curiosité des chercheurs sur ce qui s’était vraiment passé durant cette période. Ensuite, avec ou sans modération, les spécialistes se rallièrent au point de vue de l’historienne et à son attitude critique vis-à-vis de Freud et de ses partisans. Enfin, il y eut tout le reste.

Le héros du Docteur Jones avait un grande force : « le respect tout à fait extraordinaire que lui inspirait le fait isolé. Il s’agit là d’une très rare qualité ». C’est « la façon dont travaille le cerveau d’un génie ». Le fait unique était le sujet Sigmund Freud lui-même. Qui peut déjà, avant toute recherche et sans avoir rencontré un seul patient, annoncer « par anticipation le résultat tel qu’il est vraiment, c’est-à-dire comme quelque chose de tout à fait nouveau ».

Freud est sûr de posséder une excellente qualité. Il a confiance en son propre jugement, certitude qui devient absolue quand sa clairvoyance est altérée par la drogue, laquelle favorise une tendance antérieure à sa consommation, et que sa valorisation sociale ultérieure va encourager même après l’abandon de la cocaïne. Cette disposition psychologique permanente consiste à confondre ses pensées avec celles d’autrui, puis à généraliser sans délai sa conviction particulière de l’unique à l’universel, du provisoire, fragile et subjectif, au définitif et indiscutable. Ce raisonnement, qui fait des bonds quelquefois renversants, va directement de l’interprétation d’un individu à la révélation cosmique, et se dispense de vérification. Quant à la démonstration, elle va de soi. Josef Breuer disait en 1907 de son confrère, « Freud est un homme aux formulations absolues et exclusives. C’est un besoin psychologique qui, pour moi, conduit à des généralisations excessives ».

Séduisante quand elle rencontre des esprits organisés semblablement, fascinante pour l’épistémologie et l’historien spécialiste de croyances, cette logique colore tout l’édifice théorique de la psychanalyse, qui ignore les conditions minimales de l’objectivité scientifique. Indissociable de la personnalité de Sigmund Freud, elle va lui faire commettre d’épouvantables bévues, sera la source profonde de l’opposition scientifique – qualifiée par lui, tel le refus de sa persuasion par ses patients, de « résistance » pathologique – et la raison dernière des homériques fâcheries du créateur avec nombres de ses collègues et amis.

Dans la soi-disant expérimentation de la force musculaire, Sigmund Freud fut lui-même son unique objet. La généralisation à un seul essai avait commencé par son propre cas, suivi par sa tragique erreur médicale transformée en succès thérapeutique dans le cas unique d’Ernst Fleischl von Marxow, puis finit dans la contrefaçon, ses tentatives dérisoires de suppression des preuves, et le mensonge. Ailleurs, plus tard, ses fantasmes de cette même théorie, l’universel « complexe d’Œdipe », l’angoisse de « castration », inventeront des malades, leurs symptômes, leurs causes et leur traitement unique et sans rival, et puis la construction des trente ou quarante mythes de la psychanalyse. La psychanalyse est l’Homme Freud. Le freudisme est une mythologie unique et l’œuvre d’un seul. »


(In : Jacques BÉNESTEAU. « Mensonges freudiens. Histoire d’une désinformation séculaire ». Editions Pierre Mardaga, Sprimont, 2002, pages : 166 – 167).



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Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".

Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.

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