Patrice Van den Reysen. (Tous droits réservés).
(Mis à jour le 6 mai 2025)
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Avant-propos :
« Il y a évidemment une différence considérable entre la certitude que la vie mentale elle-même doit être considérée comme gouvernée intégralement par le principe de causalité et la possibilité de formuler des lois causales précises qui rendent compte de ce qui s'y passe. De toute façon, même si l'on était tenté de croire que Freud a effectivement réussi, comme il le suggère, à soumettre à des lois causales rigoureuses, des événements qui semblaient jusque-là inexplicables ou fortuits, on devrait tout de même admettre que la connaissance des causes, que la psychanalyse prétend détenir, est d'une manière générale bien incapable d'autoriser le genre de prédiction qu'exigerait la thèse du déterminisme scientifique, si on la comprend à la façon de Popper. Tout au plus la psychanalyse pourrait-elle, sur la base d'une certaine connaissance acquise par la méthode spécifique qu'elle utilise, de la constitution particulière de l'inconscient du sujet, indiquer au départ que des événements ou des comportements d'un certain type (rêves, lapsus, oublis, actes manqués, jeux de mots, etc., de telle ou telle espèce) sont susceptibles de se produire avec une certaine probabilité et rendre intelligible, une fois qu'il s'est produit, tel ou tel d'entre eux. Mais, pour avoir une chance d'expliquer, par exemple, l'occurrence de tel ou tel jeu de mots précis, il faudrait évidemment faire intervenir une quantité d'autres facteurs dont la psychanalyse ne dit rien et dont nous ne savons généralement à peu près rien ».
(In : Jacques Bouveresse. "Philosophie, mythologie et pseudo-science. Wittgenstein lecteur de Freud". Editions l'Eclat, Paris, 1991).
Et les neurosciences ?...
Nous allons tenter de justifier d’un exemple, mais il ne sera que subjectif et nous ne pouvons donc prétendre à aucune généralisation à partir de lui :
Un fumeur qui décide d’arrêter toute consommation de tabac du jour au lendemain est soumis à un stress (du moins, osons ici le supposer), lié à de la frustration (puisqu’il envisage de se priver brutalement d’une accoutumance au tabac).
Nous oserons donc avancer sans aucune référence scientifique à fournir (ce que l’on ne manquera pas de trouver douteux et nous pouvons le comprendre) que le système nerveux central « enregistrerait » (pour dire très vite…) un moment comme celui-là.
C’est-à-dire qu’il y aurait (…) une mémoire inscrite, une sorte de « trace mnésique » enregistrée dans ce que le Prix Nobel de médecine Eric Kandel appelait la « mémoire implicite » (qui est une mémoire inconsciente et à long terme) dans le système nerveux central. Bref, le « cerveau » n’oublierait pas quand cet effort pour arrêter de fumer a été réalisé avec succès la première fois, et par conséquent il retiendrait aussi en mémoire, comme « trace mnésique neuronale », ce moment de stress et de frustration.
Il serait alors
viable, (si, bien entendu l’on admettait tout ce qui précède), qu’un fumeur qui
aurait reprit la consommation de tabac quelques années plus tard, par exemple,
sentirait nettement (…) qu’il a moins envie de fumer à une date qui corresponde
à celle où il avait fait l’effort d’arrêter de fumer, (laquelle fut couronnée de
succès), et que de ce fait, il en profiterait pour tenter à nouveau d’arrêter sa
consommation de tabac ?
Il serait peut-être même possible d’envisager que cette « trace mnésique » liée au premier « traumatisme » lié à la tentative réussie d’arrêter de fumer une première fois produise ses effets de manière périodique plus tard en terme de sensation de moindre besoin de tabac (ou d'envie d'arrêter de fumer), et que la date de ses sensations corresponde donc à la même date que celle de cette première tentative, des années plus tard ?..
Partant de cet exemple, pourquoi ne pas admettre aussi que le système nerveux central retiendrait également comme « trace mnésique » particulièrement forte et efficace (…) un événement aussi traumatique qu’un antécédent obstétrical avec mort de l’enfant et qu'il influence de manière déterminante la date d’un prochain accouchement ?
Seulement, selon nous, plusieurs obstacles s’opposent d’emblée à une telle hypothèse :
Tout d’abord, arrêter de fumer est généralement une conduite tout à fait autonome, et reprendre la tabagie aussi, à moins d’y être forcé par une tierce personne ou un événement extérieur quelconque (…). Arrêter de fumer et reprendre est donc beaucoup moins sujet à l’action d’un agent extérieur ainsi qu’à d’autres paramètres, et il évident que ce n’est pas du tout le cas pour ce qui concerne la conception d’un enfant ! Les deux exemples (si le premier, nous le répétons était valide et corroboré d’un point du vue scientifique) sont-ils comparables ? A notre avis, non, puisqu’il manque un facteur que nous jugeons essentiel : l’action d’un agent extérieur.
Si le cerveau était capable de retenir comme « trace mnésique » majeure la date d’un accouchement, (et, en toute bonne foi, et malgré l’absence de connaissances scientifiques à ce sujet, nous n’en douterons pas), pourquoi et comment déciderait-il de favoriser un autre accouchement ultérieur à une date correspondant à celle d’un premier accouchement avorté au lieu de l’empêcher ?
Il faut revenir sur le problème de l’agent extérieur, et en l’occurrence, l’homme, au sujet du problème de la « prédiction » d’un accouchement par le cerveau à une date précise (suite à un accouchement précédent mais traumatique à une même date) :
Lorsqu’une femme subit un accouchement « traumatique » nous avons supposé que son cerveau « enregistrait » une sorte de « trace mnésique » majeure et peut-être indélébile. Comment peut-il y avoir une influence biologique (neurobiologique) entre cette « trace mnésique » enregistrée chez la femme pour en créer une autre chez son conjoint de telle sorte que cette nouvelle « trace mnésique » masculine soit favorable à la procréation puis à une date d’accouchement qui corresponde à celle vécue lors d’un accouchement précédent par la femme ? Cela semble complètement farfelu (à moins de supposer une communication "d'inconscient à inconscient" ?.. chose qui nous semble également farfelu, d'ailleurs).
Mais le géniteur a peut être subit un choc affectif majeur lors du premier accouchement avorté de son épouse, lequel aura donc créé une « trace mnésique » dans son propre cerveau, et lequel ensuite serait en mesure de déterminer l’action de ses spermatozoïdes à une date ultérieure précise ? Cela semble encore plus farfelu…
Pour essayer de l’être moins, supposons donc encore une fois que deux chocs affectifs majeurs aient été vécus par la femme et l’homme lors d’un premier accouchement traumatique, chocs créant deux traces mnésiques respectives chez l’un et l’autre dans leurs cerveaux, mais de telle sorte que leurs cerveaux respectifs les motivent ensuite à concevoir « inconsciemment » (nous parlons d’inconscient neurobiologique) un enfant à une date ultérieure qui corresponde exactement à la date du premier accouchement qui fut vécu de manière traumatique ? Pourquoi pas ? Mais quelles études scientifiques ont pu être échafaudées pour tester une telle hypothèse ? Quelles sont les conditions initiales à prendre compte ? Quels sont les autres chocs traumatiques possibles de l’existence susceptibles d’influencer une trace mnésique cérébrale liée à un accouchement traumatique et qui sont ensuite susceptibles d’en perturber l’efficacité de « programmation » pour la date d’un accouchement ultérieur ? Etc., etc. ?..
Même dans un cas comme ce dernier, la somme des conditions initiales à prendre en compte peut être telle, qu’elle rend selon nous cette hypothèse non testable de manière suffisamment contrôlable. Cela nous semble évident. Par conséquent, elle ne permet de ne rien affirmer d’aussi indubitable que ne le croit Madame Bydlowsky, psychanalyste, qui plus est en ce qui la concerne, sans aucune assise ou référence à des travaux liés aux neurosciences dans sa « recherche », mais seulement à partir de la théorie non testable de « l’inconscient psychique ».
- Quelle est ou qu'elles sont les variables indépendantes qu'il faut manipuler pour établir un tel lien, et sous quelles conditions initiales ?
- Comment Madame Bydlowski proposerait-elle de calculer le degré de précision des conditions initiales afin d'atteindre un niveau de précision suffisant qui satisfasse au principe d'exclusion du hasard et du non-sens sans lequel la théorie de l'inconscient perd tout son sens et sa nature proprement "psychanalytique" ?
Mais foin de tout cela ! Et au diable la biologie, par exemple. En effet, le refoulé maternel, une fois effectué l'acte de fécondation aura très bien pu avoir son influence sur la maturation du foetus, ainsi que sur tous les autres événements ou phénomènes de tous ordres concernant la mère pour parvenir à "calculer la date de naissance" ! Là encore, se dessinent de tels obstacles à la réalisation du délire de Madame Bydlowski que nous nous demandions encore s'il valait la peine d'en parler. Les conditions initiales, ainsi que leur calcul offrent un tel foisonnement de possibilités que nous pourrions nous arrêter ici et en conclure que cette prétendue "recherche" a suffisamment dépassé les bornes du ridicule dès son entame qu'elle ne mérite pas qu'on en dise un mot de plus...
Ce qui veut dire que les causes du deuxième accouchement ne seraient donc plus uniquement psychiques, mais aussi biologiques en ce sens que c'est le psychique qui aurait un effet sur le biologique, effet ressemblant à une action psychosomatique, en quelque sorte.
Le premier accouchement vécu de manière traumatisante, aurait donc laissé une trace mnésique inconsciente si puissante (et permanente) qu'elle en aurait influencé toute la machine biologique et psychologique de la personne, (bref, toute la personne elle-même) pour la programmer à une deuxième grossesse bien déterminée dans le temps...
Il faut donc que l'on affirme que c'est aussi le "refoulé inconscient" de la mère qui détermine toutes ses relations avec son environnement, bref qui "motive" toutes ses décisions en protégeant de cette manière le "projet" de la date du deuxième accouchement, en procédant soit à une sélection puis une exclusion des événements accidentels hors de contrôle de la personne même de la mère, ou bien en proposant que eux aussi ne soient pas "perçus par accident" et que s'ils viennent faire échouer le projet de prédiction de quelques jours ce serait imputable à une autre "décision de calcul inconsciente et refoulée" ?! Même une affirmation comme celle-ci n'échapperait pas à la rencontre de problèmes totalement insurmontables comme nous allons le voir par la suite, et la défendre reviendrait à revendiquer le caractère totalement irréfutable de la théorie de l'inconscient refoulé.
Et est-ce suffisant ? Je pense que non. Car il faut également tenir compte du laps de temps qui s'est écoulé entre le premier accouchement traumatique et la date de conception du premier enfant, et aussi (comme nous l'avons dit précédemment) de tous les événements qui se sont déroulés pendant cette période de telle sorte que strictement aucun d'entre eux n'ait pu empêcher la réussite du projet de calcul de l'inconscient sur la date du deuxième accouchement.
Ce qui veut dire par ailleurs que non seulement l'inconscient de la mère doit calculer tous les événements relatifs à sa seule personne, mais aussi toute la classe des événements qui ne dépendent pas uniquement d'elle, comme tout ce qui est susceptible d'entrer en contact avec elle et de faire échouer le projet.
Par exemple, si la mère habite dans un immeuble où elle doit monter les étages à pied, il faut que son inconscient calcule chaque action motrice pour que la durée de montée des marches ne perturbe pas le décours des événements prévus et favorables dans le temps à la réussite du projet de prédiction. En effet, si l'inconscient faisait l'erreur de calcul consistant à faire monter les marches trop vite pour la mère, une porte pourrait s'ouvrir à un étage, un individu en sortir et faire n'importe quoi qui puisse contrecarrer, au final, la date prévue par l'inconscient de la conception de l'enfant et peut-être aussi la date d'accouchement...
Sur ce dernier point, l'on pourrait objecter encore que dans le cas d'une rencontre inopinée avec une personne inconnue, l'inconscient de la mère aurait suffisamment de pouvoir de décision et de calcul pour gérer cette nouvelle "relation" afin qu'elle ne fasse pas obstacle au projet de prédiction du deuxième accouchement.
Puisque l'inconscient de la mère doit donc aussi calculer les occurrences de rencontres inopinées avec des personnes inconnues (afin qu'elles ne puissent faire échec au projet de prédiction), alors, c'est que par une moyen ou un autre (...) il peut aussi faire des calculs prédictifs sur les inconscients de ces mêmes personnes de telle sorte que le hasard soit exclut dans la possibilité même de ces occurrences, et ainsi transformé en "motifs inconscients" (pour la mère et les inconnus qu'elle rencontre inopinément) pour d'éventuelles rencontres "faussement fortuites"... !
Par contre, si l'on affirme que l'inconscient refoulé de la mère ne s'occupe pas de ce type de rencontres fortuites toujours possibles et susceptibles de mettre en échec le projet de prédiction de la seconde date d'accouchement, alors, il faut admettre qu'en cas d'erreur d'un ou plusieurs jours, le projet est un échec et que l'inconscient n'a pas pu prédire la date de naissance...
On comprend donc que l'étendue des prédictions à réaliser ainsi que la précision du calcul est logiquement impossible à réaliser.
En d'autres termes, il doit aussi calculer et prévoir l'environnement social et physique, etc., de la mère, dans lequel se trouve toutes les causes de relations possibles avec elle qui risquent de contrecarrer l'accouchement "prévu" par son inconscient. Donc, pourquoi ne pas proposer aussi que cet inconscient doit également calculer ce qui passe dans les inconscients de toutes les personnes qui pourraient entrer en contact avec elle (comme nous l'avons vu plus haut), sans oublier de contrôler également les objets, les animaux, la météo, le tout relativement à ces personnes, à la mère, aux connaissances des précédentes personnes, etc., etc.... ?!
Tout cela implique le calcul d'un nombre quasi infini de conditions initiales. Et si de surcroît, tout hasard et tout non-sens doit être exclu sur les causes inconscientes du deuxième accouchement, il faut que celui qui se risque à un tel projet de prédiction, rende compte, avant la réalisation de son projet, des mesures possibles à partir desquelles doivent se calculer le degré de précision voulu de ces conditions initiales, [principe de responsabilité renforcé de Karl Popper], de telle sorte que cela le prive du droit de plaider que si son projet échoue [même de peu] dans la prédiction de l'un ou l'autre des événements afférents au projet, c'était parce que les conditions initiales de la prédiction n'étaient pas suffisamment précises.
Celui qui prétend faire une mesure "absolument précise" ne peut donc éviter ceci : considérer que les deux points qu'il utilise sont "parfaitement précis" et absolument semblables de façon arbitraire. Pourquoi ?
Cela nous paraît évident et assez facile à expliquer une fois compris les arguments de Popper : un point, au fond, qu'est-ce que c'est, sinon une sorte de "tâche", ou un "rond", ou toute autre forme limitée et unique en son genre ? Aussi petit que puisse être un point donné, il a donc forcément une étendue, ou une dimension, si l'on peut dire. On peut même tenter de mesurer cette dimension : quelle est la taille du point que nous voulons mesurer afin de nous assurer de sa parfaite précision, (c'est-à-dire parvenir à démontrer qu'il se suffit en quelque sorte à lui-même en n'étant dépendant d'aucun autre élément de mesure effectué à partir d'autres points...) ?
Partant de là, l'on s'aperçoit tout de suite que ce projet de mesure d'un unique point exige nécessairement deux autres points (dans le cas le plus simple...), donc un intervalle pour estimer sa "dimension". Si le point à mesurer ressemble à un cercle, on peut estimer le diamètre de ce cercle avec deux autres points de telle sorte que le diamètre du cercle représente aussi un intervalle. Et ces deux autres points de cet intervalle, ou bien nous décidons de les "fixer" arbitrairement pour stopper la régression à l'infini, (c'est le début du dogmatisme), ou bien nous admettons (et il n'y a pas d'autre choix) que la régression à l'infini dans notre tentative de définir une mesure "absolument précise" à partir d'un ou deux points aussi petits soient-ils est rigoureusement inévitable.
Nous pensons que cette argumentation sur le problème (insoluble) de la précision des mesures est essentiel pour comprendre l'impossibilité et l'échec total du "déterminisme scientifique" dévasté par Karl Popper, et par voie de conséquence, l'impossibilité et l'échec total, a priori, de toute doctrine, ou tout projet de faire science qui se fonderait sur une croyance en la possibilité d'un "déterminisme scientifique" ou d'un déterminisme prima faciae absolu excluant tout hasard et tout non-sens comme en psychanalyse. Car celui qui exclut le hasard en psychanalyse ne peut éviter d'admettre qu'il exclut aussi toute imprécision.
Cependant, s'il y a un "refus de la logique" à nous accorder l'accès à la définition d'une mesure a priori absolue (et donc à sa réalisation), nous devons admettre que si à la place du mot "logique" nous mettons le mot "nature", ce n'est pas parce que la nature nous "refuse" un accès à la précision absolue, qu'elle "fait n'importe quoi", donc qu'elle est "hasardeuse". (Voir le document de Daniel MARTIN, ici.) Comme il l'écrit à la page 30 de son document très complet : "Il n'y a pas de hasard dans la position ou la vitesse d'un corpuscule de Mécanique quantique, il y a de l'imprécision, c'est-à-dire un refus de la nature de nous accorder la possibilité de précision infinie qui satisferait notre esprit. Il ne faut donc pas confondre le déterminisme statistique, avec son choix d'élément et son imprécision (flou par superposition pour une variable continue), et le hasard (où la nature ferait n'importe quoi)". Cependant ce "refus de la Nature" n'est toujours qu'une interprétation humaine, et non la réponse directe de la Nature, car la Nature ne parle jamais à l'être humain, ni à aucun scientifique, elle ne lui a jamais "parlé" ni ne lui "parlera" jamais. Faute de connaître davantage la mécanique quantique, nous prendrons toutefois le risque d'affirmer ceci (ce qui pourra, bien entendu, être complètement réfuté par un spécialiste de la mécanique quantique) : libre à nous d'interpréter cette imprécision en mécanique quantique comme du hasard ! Car le fait d'affirmer un prétendu "refus de la Nature" à nous accorder la précision absolue, d'une part, et, d'autre part, à prétendre savoir si oui ou non elle ne peut jamais "faire n'importe quoi", donc de ne pas laisser de possibilité au hasard dans ses déterminations (...), relève toujours de l'interprétation humaine tendant à "faire parler la Nature" comme ça lui convient. Voilà, selon nous, une conduite intellectuelle tout à fait arbitraire et dogmatique.
Celui qui ne croit pas au hasard pourra toujours dire, en effet, que la "Nature ne fait pas n'importe quoi", et qu'elle "nous refuse seulement un accès à la précision absolue" sans jamais pouvoir exclure totalement la possibilité du hasard, puisque nous ne disposons d'aucun moyen de mesure donc de jugement suffisamment précis a priori qui puisse rendre compte avec une certitude absolue de toute l'étendue de la précision que "nous refuse la Nature" : nous ne pourrons jamais être certain dans tout ce qui peut échapper à la Nature dans ses "calculs", si le hasard n'a pas joué un rôle, et par conséquent, nous ne serons jamais en droit d'en exclure l'hypothèse voire même la possibilité avec certitude.
En somme, dans tout le "champ" ou "l'étendue" d'une imprécision de mesure de quoique ce soit, si l'on était en situation d'affirmer avec certitude (...) où se trouve exactement la limite de l'étendue liée à l'imprécision pour en exclure totalement la possibilité du hasard, (c'est-à-dire pour réduire à néant notre impuissance à connaître l'occurrence d'un seul fait aussi infinitésimal soit-il et en relation avec tous les autres occurrences de faits possibles), cela impliquerait que nous aurions par la même occasion résolu le problème de la précision (absolue).
Ceci nous amène à dire qu'il est logiquement impossible de distinguer avec toute la précision requise (...), (dans ce que nous aurions imputé à de l'imprécision), là où "s'arrête" (...) l'imprécision et là où "commence" (...) le hasard. Imprécision et hasard seront toujours liés, et nous ignorerons toujours jusqu'à quel point, à moins que nous ayons acquis l'intelligence du Démon de Laplace...
... En d'autres termes : nous ne pouvons donc savoir dans ce qui est imputé à de l'imprécision si nous pouvons exclure toute possibilité du hasard, parce qu'il nous est à jamais interdit par la logique de savoir où donc se trouve avec une précision absolue, (c'est cela qui nous est interdit de justement pouvoir connaître), cette fameuse limite "précise" entre ce qui relève du hasard, et ce qui relève de l'imprécision ; entendu que toute imprécision dans le résultat d'un tel projet d'identification de cette limite, validerait le droit de plaider en faveur de l'existence possible, ou "probable" du hasard....
Ce qui est imprécis comporte bien entendu, et logiquement, une part d'inconnu, et cette part d'inconnu, peut, à son tour, logiquement contenir une part potentiellement accessible à la connaissance, et une autre qui lui restera à jamais inaccessible. Et dans ces deux parties, les effets du hasard pourront toujours être invoqués, que ce soit à titre d'hypothèses réfutables, ou irréfutables.
Quoiqu'il en soit, ni le hasard, ni l'imprécision ne peuvent faire partie des sciences de la Nature, en tant qu'explications de la Nature. Ce ne sont toujours que des pseudo-explications de la Nature. Des formules telles que, "la Nature est imprécise", ou "la Nature est hasardeuse", ne nous fournissent aucune véritable description et explication des comportements possibles de la Nature, car seules les lois causales corroborées par des tests peuvent remplir cette double fonction.
Des hypothèses irréfutables liées au hasard ou à l'imprécision n'ont donc, dans leur statut d'irréfutabilité, aucun lien commun avec le statut d'irréfutabilité de la théorie de l'inconscient de la psychanalyse. Parce que cette théorie de l'inconscient prétend avoir des pouvoirs descriptifs et explicatifs sur la nature humaine tout en étant irréfutable, alors qu'aucune théorie de l'imprécision ou du hasard qui soit réfutable (ou irréfutable), ne puisse y prétendre.
"Connaître avec une relative précision", n'exclut pas, bien sûr, la connaissance, mais exclut en partie temporairement une autre partie de la connaissance qui lui est indissociablement liée : celle encore cachée, ou encore dérobée à l'observation humaine dans le domaine de l'imprécision, domaine encore inconnu et qui ne peut donc se prêter à une exclusion certaine, et a priori, de la possibilité du hasard, d'une part, et d'autre part, de "l'inconnaissable pour toujours".
Mais, dans l'univers si métaphysique où la psychanalyse exclut le hasard au niveau de toute "causalité inconsciente", (le psychanalyste Binswanger écrira même que : "l'inconscient est métaphysique et nous le prenons pour réel") et puisque nous n'avons jamais un accès direct à cet forme inconscient qui se situe hors de tout cadre matériel, (n'étant que "psychique"), et que celui-ci doit toujours être interprété, il nous semble impossible de parvenir à distinguer ou à dissocier ce qui relèverait d'une erreur de calcul de l'inconscient ou d'une imprécision, de ce que cette même imprécision pourrait être due au hasard ou serait en fait identique au hasard.
Nous ignorons toujours si l'inconscient psychique des psychanalystes serait comparable à un "univers quantique" avec des interprétations similaires, et où l'abord des différences entre hasard et imprécision serait également identique. Nous n'avons aucune preuve à ce sujet. Cependant, le Prix Nobel de médecine John C. Eccles, fait référence notamment à Margeneau concernant son étude sur l'esprit en relation avec la physique des quanta. Il le cite dans son livre "Comment la conscience contrôle le cerveau" : "L'esprit peut être considéré comme un champ au sens physique du terme, mais c'est un champ non matériel, ce qui s'en approche le plus étant peut-être un champ de probabilité (...) Il n'est pas tenu de contenir de l'énergie pour que soient expliqués tous les phénomènes connus ou l'esprit interagit avec le cerveau" (p. 43). Ensuite, dans ce même ouvrage, Eccles nous parle d'une nouvelle hypothèse sur l'interaction esprit-cerveau, fondée sur la physique quantique : l'hypothèse des microsites. Il écrit ensuite : "Comme nous l'avons écrit dans une publication antérieure (Eccles, 1986), il est possible (...) que les structures servant à la transmission synaptique sont de dimensions si infimes qu'on peut les faire fonctionner de façon analogue aux champs de probabilité de la physique moderne tels qu'ils sont décrits par Margeneau (1984). Mais tous ces travaux authentiquement scientifiques ne disent absolument rien sur la probable "nature quantique" d'un inconscient psychique tel qu'envisagé dans la cadre de la théorie psychanalytique. Ils nous renseignent uniquement sur des rapports possibles envisageables, non entre l'inconscient et la physique quantique, mais entre la conscience et la physique quantique sachant que dans la tradition des neurosciences, la problématique "corps-esprit" concerne plus généralement les rapports entre la conscience et le cerveau et non l'inconscient et le cerveau.
Les propos de Margeneau suscitent un rapprochement avec les travaux de Allan J. Hobson dans "Le rêveur neuronal", ouvrage qui est une critique dévastatrice de la théorie des rêves de Freud, sur la base de son hypothèse "activation-synthèse". Les deux scientifiques semblent être d'accord pour proposer que l'esprit ne contient aucune énergie (psychique, par exemple), et que par conséquent cette notion "d'énergie psychique" développée par les psychanalystes depuis Freud, est arbitraire et sans aucun fondement.
L'on pourrait alors penser que l'esprit, qu'il soit conscient ou inconscient est plus proche d'un "univers de propensions" en accord avec les thèses de Karl Popper (lequel travailla avec Eccles qui reconnu sa dette méthodologique envers le philosophe...), mais même entrevu selon cette approche, nous nous éloignons encore un peu plus de toute possibilité d'accorder le moindre crédit au "recherches" de Monique Bydlowski, lesquelles s'appuient sur une théorie de l'inconscient exclusivement psychanalytique, donc un inconscient doté d'une énergie propre et surtout "fonctionnant" sur un déterminisme bien trop strict aux antipodes de la théorie des propensions.
En somme, même s'il existe à l'heure actuelle des approches authentiquement scientifiques de la notion d'inconscient, celle offerte par la psychanalyse n'a toujours pas fournit la moindre preuve qu'elle serait semblable à un élément de notre "nature" (de la "nature humaine").
Contrairement à ce que pensent certains psychanalystes lacaniens, le "refoulé" ne constitue pas un ordre prouvé de manière indépendante et authentiquement scientifique dans le "chaos" de l'inconscient. Nous n'avons aucune preuve qu'il serait ce prétendu "point d'attraction unaire" comme le pense par exemple le psychanalyste lacanien Alain Cochet.
Pour terminer ce passage, nous conseillons aux récalcitrant(e)s éclairé(e)s de se reporter à la page 52 du document de Daniel Martin où il traite de l'imprédictibilité de la pensée humaine. Bien entendu, l'on peut s'opposer à ses points de vue en proposant que l'être humain est lui aussi "un univers de propensions" et donc que même sa base physique n'est pas déterministe mais également compréhensible sur la base de la théorie des propensions proposée par Karl Popper.
Mais si notre inconscient sait tout cela, et s'il sait calculer tellement d'événements, et donc si la théorie de Madame Bydlowski est une vraie loi causale dotée d'un réel pouvoir prédictif, alors cette théorie est assurément la plus merveilleuse que le genre humain possède, et la plus inquiétante aussi. Tout cela relève même de la science-fiction, c'est le cas de le dire !
(Bref, à essayer de chercher des arguments qui pourraient valider les hypothèses de Monique Bydlowski, l'on s'aperçoit que l'on finit toujours par retomber sur les mêmes critiques indiscutables contre elles.)
Reste à savoir comment des personnes ont pu accepter les interprétations ou les pseudo-explications de Madame Bydlowski sans être prises d'euphorie ou de rires inextinguibles ou en croyant tout simplement que la théorie de l'inconscient de la psychanalyse n'est que fictionnelle, délirante, et qu'elle relève surtout du comique involontaire le plus ridicule. Mais nous sommes habitués aux interprétations délirantes et ridicules avec la psychanalyse, à commencer par Sigmund Freud lui-même qui affirmait dans son Introduction à la psychanalyse que le tic-tac des horloges symbolisait les battements du clitoris féminin, avec celles de Mélanie Klein, de Françoise Dolto et de tant d'autres disciples ou prosélytes de cette bien étrange doctrine.
En somme, la théorie de l'inconscient de la psychanalyse est très probablement l'un des objets théoriques les plus délirants de toute l'histoire des idées et il permet tous les délires interprétatifs. S'il y a encore beaucoup de psychanalystes qui aiment délirer et faire délirer leurs victimes avec eux, sinon la majorité d'entre eux, qu'ils sachent au moins que tout le monde ne souhaite sans doute pas délirer avec eux ou naviguer dans les marécages de leurs rhétoriques interprétatives et céder à leur forte propension à prendre leurs propres cas pour généralité.
Il y a aussi la logique, et l'épistémologie, n'en déplaise aux psychanalystes, lesquels ont l'habitude de manifester contre elles un mépris clairement assumé, notamment à cause de "leur ignorance crasse" dans ces domaines (Cf. Pierre Henri Castel, psychanalyste lacanien qui fait cette remarque dans son livre A quoi résiste la psychanalyse ?). Ces deux disciplines qui permettent assurément d'y voir plus clair dans tout le bluff théorique et interprétatif déployé par les membres de cette secte et de bien les identifier pour ce qu'ils sont : des charlatans ; et pour ce qu'est vraiment leur doctrine : une escroquerie, et rien d'autre.
Nous pourrions aussi limiter toute notre démonstration à celle-ci : tout le bric-à-brac déployé par Madame Bydlowski ne repose que sur un sophisme post hoc ergo propter hoc. Ce sophisme consiste à affirmer que lorsque deux événements se suivent dans le temps, le second serait indubitablement la conséquence du premier. On peut en effet démontrer un lien de cause à effet entre deux événements qui se succèdent mais à la seule condition de proposer des procédures d'administration de preuves indépendantes de ce lien. En l'absence de preuves, ou de toute procédure valide permettant d'y aboutir, il n'y a bien entendu strictement aucune raison de croire en la validité du sophisme post hoc ergo propter hoc si massivement employé par les psychanalystes. Depuis quand la raison doit-elle accepter les sophismes pour valider des explications ?!...
Qu'est-ce donc que « le mouvement naturel de l'inconscient » ?...

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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".