« Freud n’a pas inventé la sexualité »
« Grâce à cette nouveauté, dans l’histoire de la vie, que fut la sexualité (il y a environ deux milliards d’années) deux organismes purent échanger de vastes séquences de leur code génétique et produire ainsi de nouveaux individus, voire de nouvelles variétés – soumises au crible de la sélection. Cela débuta chez les bactéries ; s’organisa dans les êtres pluricellulaires ; pour ne cesser de s’inscrire, dans la longue farandole des êtres qui, des invertébrés, des poissons aux mammifères et aux primates, allait aboutir à la sexualité humaine.
A travers leur organisation anatomique et leur physiologie hormonale, leur comportement et maintes harmoniques, psychologiques, affectives, linguistiques, sociales, les hommes d’aujourd’hui expriment toujours un indiscutable penchant pour mêler, par l’union de leurs gamètes, leurs longues séquences d’ADN et leur message héréditaire. Ils se livrent à cet acte de manière brute et instinctive… ou quelquefois plus réfléchie : afin d’aboutir à l’avènement délibéré d’un individu. Et de longue date, mythes, religions, morales et lyrismes se sont penchés sur cet important sujet.
Cependant ce n’est pas cette affaire biologique et ancestrale que j’évoque lorsque je dis que Freud n’a pas inventé la sexualité. Je veux parler de cet intérêt, ces digressions, ces études, cette mode qui entourèrent les comportements sexuels à Vienne, à la fin d’un siècle victorien et prude. Enfin l’on pouvait se complaire – les professeurs, leurs élèves comme public – dans la description de grandes « inconvenances » et perversités, sous le couvert de la probe histoire naturelle.
C’est Richard von Krafft-Ebing (1840-1902) qui éveilla cette gourmande curiosité. En lointain précurseur d’Alfred Kinsey, il fut le principal initiateur d’observations cliniques ramassées ici et là, non sans quelque complaisance pour ce qui se pratiquait depuis toujours dans les mauvais lieux… et ailleurs.
Freud épousa donc ce mouvement et cette mode, issus d’un enseignement psychiatrique et neurologique officiel. Il n’y pénétra pas facilement. Rappelons-nous que le 2 mai 1896, à la Société de psychiatrie et de neurologie de Vienne, il comparut devant le président Krafft-Ebing. Il soutint, en s’appuyant sur l’analyse de treize cas, que la cause de l’hystérie était chez les demoiselles une expérience sexuelle passive, subie avant la puberté. Il considérait avoir fait là « une découverte comparable à celle des sources du Nil ». L’auditoire l’écouta dans l’étonnement et la désapprobation et le président – expert en sexualité – remarqua sèchement : « Cela ressemble à un conte de fées scientifique. » Freud ne fit plus jamais de communication à cette Société. »
(In : Pierre DEBRAY-RITZEN. "La psychanalyse cette imposture.")
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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".