jeudi 4 décembre 2014

René POMMIER : "Sigmund est fou et Freud a tout faux".





Un extrait de ce livre du Professeur Pommier, où une chose est bien confirmée : l'interprétation psychanalytique confine le plus souvent au délire (sinon en permanence) et tient du comique involontaire. En lisant ce passage tiré du livre de René Pommier, c'est sûr, en première lecture, on a envie de rire. Cependant, on rit moins lorsque l'on songe à tous ces patients qui se sont fait berner, qui ont été ruinés, voire qui ce sont suicidés après être passé sur le divan du cocaïnomane viennois. Je crois qu'il faut avoir complètement renoncé à ses propres pouvoirs de raisonnement pour parvenir à gober une seule des ridicules foutaises de la psychanalyse. 
 
Mais cet extrait souligne encore, si l'en était besoin, le caractère foncièrement mysogine de Freud. Mysoginie bien affirmée dès qu'il traita le premier cas princeps de la psychanalyse, celui d'Anna O., sans parler de Dora,...et que dire, alors, de "la saignée d'Emma Eckstein", que nous a si bien retracée Jacques Bénesteau dans ce livre qui effraya tellement les freudiens, et pour cause.  Bref, Freud n'aimait pas les femmes, c'est très clair, et ce qui est étonnant encore, ce soit que tellement de femmes adhèrent encore aujourd'hui à ses théories.




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"Et, puisque je viens d'évoquer l'utilisation que fait Freud des symboles sexuels en dehors de l'analyse des rêves, je ne résiste pas à l'envie d'en donner un exemple et de citer un autre spécimen de symboles féminins n'ont pas qu'il soit en lui-même plus extravagant que bien d'autres symboles freudiens, mais parce que les arguments invoqués par Freud pour établir son caractère symbolique sont particulièrement rocambolesques. Il s'agit d'une jeune fille qui souffre d'une névrose obsessionnelle et qui chaque soir avant de se coucher se livre à  un cérémonial assez compliqué. « En premier lieu, nous dit Freud, elle arrête la grande pendule qui se trouve dans sa chambre et fait emporter toutes les autres pendules. » Et il s'en étonne. Mais, comme c’est si souvent le cas, c'est son étonnement qui est étonnant. Selon lui, « nous avons tous par expérience que le tic-tac régulier et monotone d'une pendule, loin de troubler le sommeil, ne fait que le favoriser ». Affirmation bien surprenante, car, pour ma part, et ma femme est comme moi, ainsi sans doute qu'un très grand nombre de gens, j'ai le plus grand mal à m'endormir dans une pièce où il y a une pendule ou un réveil qui font du bruit, et je ne manque jamais alors de les arrêter. L'explication du comportement de sa patiente semble donc aussi évidente que naturelle. Mais elle ne fait pas l'affaire de Freud qui veut à tout prix lui imposer la sienne et y lire : « notre malade commence peu à peu à comprendre que c'est à titre de symbole génital féminin qu'elle ne supportait pas, pendant la vie, la présence de la pendule dans sa chambre. La pendule, dont nous connaissons encore d'autres interprétations symboliques, assume ce rôle de symbole génital féminin à cause de la périodicité de son fonctionnement qui s'établit à des intervalles égaux. Une femme peut souvent se vanter en disant que ses menstrues s'accomplissent avec la régularité d'une pendule. Mais ce que notre malade craignait surtout, c'était être troublé dans son sommeil par le tic-tac de la pendule. Ce tic-tac peut être considéré comme une représentation symbolique des battements du clitoris lors de l'excitation sexuelle. » Passons sur le fait que Freud, comme il le fait si souvent, a manifestement suggestionné et sa patiente. Lorsqu'il dit qu'elle « commence à comprendre peu à peu » que la pendule est pour elle un symbole féminin, on devine que cette idée ne lui serait jamais venue à l'esprit, si Freud ne la lui avait pas suggérée. Le premier argument qu'il invoque, celui de la régularité des pendules censé représenter celle, nettement plus aléatoire, des menstrues, est si  inattendu qu’il pourrait perturber un instant la régularité du rythme cardiaque de toute personne qui n'aurait encore jamais lu Freud. Notons que, pour donner plus de poids à son argument, Freud nous dit « qu'une femme peut souvent se vanter en disant que ses menstrues s'accomplissent avec la régularité d'une pendule », mais il ne se rend pas compte que, ce faisant, il nous apprend que ce n'est très pouvant pas le cas de sa patiente (si c'était le cas, il ne dirait pas « une femme »). Car il y a gros à parier qu'il lui a posé la question et que l'on peut être sûr que, si elle lui avait répondu affirmativement, il n'aurait pas manqué de nous en informer. Mais, chose presque incroyable, le second argument invoqué par Freud et plus loufoque encore. Selon lui, en effet, les tic-tac de la pendule « peut être considérée comme une représentation symbolique des battements du clitoris lors de l'excitation sexuelle ». Il me paraît bien difficile de ne pas se frotter longuement les yeux après avoir lu cette phrase. Pour ma part, je ne vois qu'une explication possible à un propos si délirant : Freud a dû rêver un jour qu’il couchait avec une nymphomane, ou dans la même pièce qu'elle, et qu'il était obligé, pour pouvoir s'endormir, de mettre des boules Quies afin de ne plus entendre l'incessant cliquetis de son clitoris. Il ne s’en est, apparemment, pas souvenu, mais son inconscient a certainement été marquée par un rêve aussi insolite et n'a plus l'oublier.

Pour en finir avec les rêves dans lesquels Freud prétend retrouver la représentation du sexe féminin, je citerai un dernier exemple qui pourrait, à lui seul, suffire à  convaincre n'importe quel lecteur doué d'un peu de bon sens que l'auteur de l'interprétation des rêves marche vraiment sur la tête : « il y a, écrit Freud, des rêves de paysages ou de localités qui sont accompagnés de la certitude exprimée dans le domaine : j'ai déjà été là. Mais ce déjà-vu a dans le rêve un sens particulier. Cette localité est toujours l'organe génital de la mère ; il n'est point d'autre lieu dont on puisse dire avec autant de certitude qu'on y a déjà été. » On le voit, Freud n'a, une fois de plus, pas le moindre doute : « cette localité est toujours l'organe génital de la mère. » Et, certes, il n'a pas tort d'affirmer qu'il s'agit d'un lieu où l'on a déjà été. Mais pour éprouver une impression de déjà-vu, il faut qu'on ait pu voir quelque chose. Or, si je puis invoquer mon expérience personnelle, je n'ai rien vu du tout pendant les neuf mois où j'ai résidé dans le ventre de ma mère, pas même mon frère jumeau, et lorsque ma mère nous a présenté l'un à l'autre après notre naissance, nous avons eu ni l'un ni l'autre l’impression que nous nous étions déjà rencontrés. Mais la suite du texte mérite aussi d'être cité : « une seule fois, continue Freud, un obsédé m’et il avait introduit son doigt dans son sexe pendant qu'elle dormait. » embarrassa en me racontant un rêve où il visitait une maison où il avait été deux fois. Mais justement ce malade m'avait raconté longtemps avant un fait qui s'était passé quand il avait six ans. À cette époque, il avait partagé une fois le lit de sa mère et il avait introduit son doigt dans son sexe pendant qu'elle dormait. » L'embarras que Freud dit avoir éprouvé tout d'abord ne lasse pas d'être plaisant. En effet, si l'on admet que l'impression d'avoir déjà été dans un lieu renvoie nécessairement à « l'organe génital de la mère », on ne devrait jamais pouvoir rêver que l'on a été plus d'une fois dans le même lieu. Le rêve de son patient aurait donc dû obliger Freud à renoncer à sa précieuse théorie, s'il ne s'était heureusement rappelé le souvenir d'enfance que celui-ci lui avait raconté. Il reste néanmoins que l'explication dont il croit pouvoir se contenter n'est guère satisfaisante. En effet, outre qu'on ne peut pas dire que l'on est entré dans une maison quand on s'est contenté de mettre le doigt dans l'entrebâillement de la porte, pour voir ce qu'il y a à l'intérieur, plutôt que d'y introduire doigt il vaut mieux y jeter un œil. »


(In : René Pommier. "Sigmund est fou, et Freud a tout faux". Editions de Fallois, Paris, 2008, pages 60 à 63).

René Pommier a reçu en 1979, le Prix de la Critique de l'Académie française pour Assez décodé! et l'Institut lui a décerné en 2007, sur proposition de l'Académie française, le Prix Alfred Verdaguer pour l'ensemble de son oeuvre.




 
 


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Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".

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