« Quand j’ai écrit mon livre René Girard un allumé qui se prend pour un phare, je n’avais pas lu son livre sur Shakespeare. Je l’avais seulement parcouru, et, bien que je ne sois pas un spécialiste de Shakespeare, je m’étais tout de suite rendu compte que c’était un tissu d’inepties. Mais j’ai préféré le laisser de côté : car, outre qu’il s’agit d’un gros livre, il m’aurait fallu commencer par relire de près tout Shakespeare et je voulais m’attaquer en priorité aux thèses essentielles de René Girard sur le désir mimétique, l’origine de la violence, le rôle et la nature du sacrifice. Une fois mon libre terminé, je me suis mis en quête d’une nouvelle tête de Turc et je suis vite arrivé à la conclusion que j’aurais bien du mal à en retrouver une qui puisse rivaliser avec René Girard.
Le choix de la cible est capital pour un polémiste. Celle-ci doit présenter un certain nombre de « qualités » qu’il n’est pas facile de trouver réunies en un même auteur. Il faut d’abord que l’auteur choisi dise beaucoup de sottises, qu’il atteigne, si possible, des sommets dans ce domaine, qu’il énonce des énormités monumentales, qu’il nous assène des âneries aussi innombrables qu’inénarrables, qu’il se vautre dans l’absurdité. René Girard répond parfaitement à cette première et fondamentale exigence. Mais elle ne suffit évidemment pas. Si ineptes que puissent être les écrits d’un auteur, il serait assez vain d’entreprendre de les réfuter, s’ils n’ont jamais suscité un véritable intérêt ou n’ont été pris au sérieux par des rigolos. Pour constituer une bonne cible, un auteur doit être également aussi célèbre que possible. Et, de ce point de vue encore, René Girard est une cible idéale. Son nom n’est sans doute pas aussi connu du grand public que celui d’une autre des nullités les plus accomplies de notre temps, Roland Barthes. Mais, si Roland Barthes a eu certes ! beaucoup de fervents admirateurs qui l’ont porté aux nues, il n’a pas bénéficié de la même reconnaissance dans le monde intellectuel et universitaire. Bien que le Dictionnaire des philosophes des Presses Universitaires de France, sans craindre le ridicule, ait cru devoir lui consacrer une notice, il n’a jamais été vraiment considéré comme un penseur. René Girard, lui, est regardé par beaucoup de gens non seulement comme l’un des plus grands penseurs de notre temps, mais comme l’un des plus grands penseurs de tous les temps, sinon le plus grand. Il peut sans doute se flatter d’avoir battu tous les records en matière de prix et de distinctions honorifiques, de même qu’il peut se flatter de faire l’objet de très nombreux colloques et de séminaires aux quatre coins du monde. Enfin, et c’est sans doute plus étonnant encore, il s’est constitué de par le monde un certain nombre d’associations et de fondations qui se consacrent à étudier et à diffuser sa pensée comme Imitatio, l’Association pour les recherches mimétiques, le Collège international d’études girardiennes, The Raven Foundation, Theology and Peace ou Preaching Peace. Tous ces honneurs auraient risqué d’affecter grandement sa modestie, si, fort heureusement, il n’en avait été aussi dépourvu qu’on peut l’être. Et c’est là, aux yeux du polémiste, une troisième « qualité » qui, pour être sans doute moins essentielle que les deux premières, n’en est pas moins extrêmement précieuse. Car on est sans cesse enclin à pouffer de rire en découvrant à quel point ce bouffon est bouffi d’orgueil.
J’ai donc décidé de regarder enfin de plus près son livre sur Shakespeare et je me suis très vite rendu compte qu’il était encore plus insensé que je ne l’avais d’abord pensé. Je me suis alors dit qu’après avoir démontré la totale ineptie du Sur Racine de Roland Barthes et du Dieu caché de Lucien Goldmann, je me devais de faire le même travail sur le livre de René Girard qui, après ceux de Roland Barthes et de Lucien Goldmann, constitue sans doute, du moins pour la France, le troisième des grands sommets de la sottise contemporaine. »
(...)
(In : René POMMIER, « Être girardien ou ne pas être. Shakespeare expliqué par René Girard », éditions Kimé, Paris, 2013, introduction, pages 9 – 11).
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René Girard :

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Psychanalystes, dehors ! Et, pour vivre heureux, vivons cachés.
Les années 2020 seront celles de l'avènement d'une nouvelle forme de totalitarisme : le totalitarisme sophistiqué dont l'un des traits les plus marquants est cette lutte, cette haine tout à fait scandaleuse et révoltante contre la liberté d'expression, via un combat acharné contre ce qui est nommé le "conspirationnisme" ou le "complotisme".
Les années 2020 seront sans doute identifiées dans l'Histoire comme une "période charnière" entre la fin d'un "ancien monde" et la naissance d'un "nouveau" dont les prémices se révèlent de plus en plus menaçants pour les libertés individuelles.
Nous estimons qu'il est pertinent, plus que jamais, de citer Antonio Gramsci :
"Le vieux monde se meurt, le nouveau est lent à apparaître. Et c'est dans ce clair-obscur que surgissent les monstres".
Mais citons Karl Popper : "L'optimisme est toujours de rigueur".
Et nous-mêmes : "Restons citoyens, restons vigilants, mais, renonçons à la violence et à l'intolérance. Travaillons à sauvegarder la citoyenneté, à en améliorer le contenu et les pouvoirs, les libertés autant que les responsabilités".